La libération de Gonfaron

Cela a commencé par le bombardement sur la place de la Victoire de voitures allemandes par un petit avion. La bombe manque son objectif et atterrit sur la maison de Mr Agnelli (M1). Une patrouille de commandos américains ou canadiens investit le centre de la localité et prend position (P) à la fontaine de la rue de l’Horloge et au coin de la pharmacie.

Arrive du Luc un camion de soldats allemands. Une fusillade s’ensuit : deux ou trois membres du commando sont tués.

Un peu plus tard, deux chars investissent la localité : le premier (1C) prend position à la grande fontaine face à la boulangerie, tenant l’arrivée de Pignans-Flassans, l’autre (2C) au bout de la place P.Bert, tenant l’arrivée du Luc.

Deux soldats allemands, armés de fusils et de grenades, arrivent de la rue Marceau et prennent position. L’un (S1) dans l’entrée de la maison Hubert, l’autre (S2) se camouflant derrière l’escalier de la maison face à la petite fontaine. Un premier coup de feu : le soldat embusqué devant la maison Hubert, s’écroule. Un deuxième coup de feu : l’autre soldat s’enfuit dans la rue Marceau en titubant. (Les cartouches devaient être vieilles).

Un camion de soldats allemands arrive de Pignans. Un coup de canon est tiré par le char américain : l’artilleur devait être fatigué, c’est la maison où habitait la famille Collustro (M2) qui est atteinte, sans faire de blessés. Le camion allemand rebrousse chemin. Un deuxième coup de canon : cette fois c’est la façade de la maison Courchet (M3) qui est touchée.

Il fallait avertir le char du danger d’une attaque allemande, les allemands étant cantonnés au château de Gendarme (C-B) de Bévotte, d’autres à La Bastidasse et également à la charcuterie (actuellement un garage et le fournil de Mme Girardo).
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Je passais par la rue « roumpi cuou », rue Portail de Fabre, emmenant avec moi le fils Nourasque qui était devant sa porte. En passant par la vieille église nous arrivâmes à la grande fontaine où se trouvait le char. Avec d’infinies précautions, on alerta celui qui était affecté à la mitrailleuse. Un autre sortit, sans doute le chef.

On lui expliqua où se trouvaient les allemands, qui pouvaient les prendre à revers en arrivant sur la place par le chemin des Houerts, en provenance du cantonnement de Gendarme de Bévotte (C-B) ou de Pignans. Il demanda qui avait tiré quelque temps auparavant et je lui donnai l’explication.

La fusillade du côté du Luc était très vive. Le chef nous demanda si on pouvait se renseigner et lui rendre compte de la situation. Il n’était pas facile de se comprendre, le chef ne parlait que quelques mots de français et nous faisions de grands gestes. Sous la protection de leur mitrailleuse, nous arrivâmes sur la place. Il n’y avait pas âme qui vive. Sous le portique, Mario Aimé (tombé plus tard dans les combats de Marseille) et Ferreiro Biaise attendaient. Tous les quatre, nous nous emparons des fusils et munitions abandonnés et nous dirigeons vers la place P. Bert.

Une voiture, sans doute avec des officiers allemands à son bord, venant du Luc est mitraillée par le char et prend feu. Des soldats allemands sont sous le pont de Maurice (PM), d’autres dans le bâtiment charcuterie, aujourd’hui garage (comme indiqué plus haut). Nous les prenons à revers, ils sont tapis sous la dalle du garage. Nous tirons tous les quatre. Se voyant pris, ceux qui sont indemnes se rendent. Nourasque part avertir le char.

Pendant ce temps, les américains ont « nettoyé» le pont de Maurice (PM) et nous emmenons les prisonniers dans l’espace devant l’église, fermé par les grilles. Nourasque les garde. Biaise, Mario Aimé, moi même, nous retournons au char. Les libérateurs dégustaient le vin apporté par les voisins. La radio marchait en permanence. Le chef nous demanda où se trouvait le reste des troupes allemandes. Nous lui indiquâmes la propriété Gendarme de Bévotte, la Bastidasse (AR) (Route de Repenti). Il m’invita à monter sur le char, me mit les écouteurs et une voix parlant un très bon français, après nous avoir félicités, me demanda si on pouvait accompagner le char jusqu’à la Bastidasse. Ce que nous fîmes.

Juchés sur le char, nous prenons la route de Repenti, puis le chemin qui mêne à La Bastidasse, mais arrivé au pont, le char s’arrête. Il ne peut pas passer, en raison de sa largeur et de son poids. La radio marche de nouveau. Nous entendons sur la route des Mayons des bruits de nombreux engins. Le chef nous fit comprendre que d’autres chars allaient attaquer de l’autre côté et que lui bloquait le pont et tenait le côté nord. La bataille fut brève mais intense. Un drapeau blanc se montra à la sortie du bâtiment. Les allemands, mains sur la tête se rendaient.

Ceux de Gendarme de Bévotte se rendirent sans résistance. Ils rejoignirent derrière les grilles de l’église, les autres prisonniers. La grande majorité de la population était dehors acclamant les libérateurs. Les brassards bleus, blancs, rouges faisaient soudain leur apparition. Les résistants qui luttaient depuis plusieurs années contre l’occupant et qui avaient organisé la résistance, je veux parler de Emile Audibert et toute sa famille, Mr Spariat Léon, Edouard Leïd et son fils Milou, Yolande et Charles Martin et d’autres encore, étaient présents.

René Clérian.

3 réponses à La libération de Gonfaron

  1. benevello dit :

    j ai un livre qui s appelle .le temps de l occupation au cœur des maures.il ya un chapitre *liberation de gonfaron*cet artcle est tre s touchant.comme celui de rene clerian si dessus.je pense que beaucoup de gonfaronais enfants adultes résidants devraient connaître la liberation de gonfaron comme la legende de l ane de notre beau village ..de jean louis benevello

    • Julien dit :

      Bonjour Jean-Louis … ça fait longtemps qu’on ne s’est plus vu. Merci de ton message. Tout a fait d’accord avec toi. même si le temps passe on ne peut pas oublier. J’essayerai de trouver ce livre. Amitié à vous deux.

    • Julien dit :

      Bonjour Jean-Louis, ça fait longtemps qu’on ne s’est plus vu. Tout à fait d’accord avec toi : le temps passe mais on ne peut pas oublier. J’essayerai de me procurer le livre dont tu parles. Amitué à Mireille et à toi.

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